Le nouveau rapport des Nations Unies sur la fécondité dans le monde montre que la Tunisie se classe au premier rang en Afrique en termes de faible taux de fécondité, avec 1,7 naissance par femme en âge de procréer en 2020-2025, bien en dessous de la moyenne du continent qui est de plus de 4 naissances.
Ce chiffre n’est pas une simple statistique, mais reflète un changement profond dans la société tunisienne, où le taux de fécondité diminue progressivement depuis des décennies, atteignant ses niveaux les plus bas au cours des dernières années. Selon les estimations des Nations unies, ce déclin devrait se poursuivre pour atteindre environ 1,5 naissance par femme d’ici 2050, plaçant ainsi la Tunisie parmi les pays à très faible fécondité au niveau mondial.
Causes de la baisse sévère de la fertilité
Les experts attribuent ce déclin à un certain nombre de facteurs interdépendants, dont les plus importants sont les suivants :
- Le niveau élevé d’éducation des femmes et leur forte entrée sur le marché du travail, qui a retardé l’âge du mariage et de la procréation.
- L’évolution des modèles socio-économiques, avec l’augmentation des coûts liés à l’éducation des enfants et la difficulté de concilier vie familiale et vie professionnelle.
- La diffusion de la contraception et l’augmentation de la sensibilisation à la santé et à la planification familiale.
- Les pressions économiques et le taux de chômage élevé chez les jeunes incitent beaucoup d’entre eux à repousser l’idée de fonder une famille.
Implications du nombre sur l’avenir démographique
Ce faible taux laisse présager des défis démographiques majeurs pour les décennies à venir, notamment :
- Le vieillissement rapide de la population et l’augmentation de la proportion de personnes âgées par rapport aux groupes plus jeunes.
- Pression croissante sur le système de retraite et de sécurité sociale.
- Des pénuries potentielles de main-d’œuvre dans les décennies à venir, qui pourraient affecter la croissance économique.
Par rapport aux pays voisins et au continent
Alors que la fécondité moyenne en Afrique subsaharienne est de plus de 4,5 naissances par femme, la Tunisie est proche des niveaux européens (environ 1,5 naissance). L’Algérie et le Maroc se classent relativement haut, mais avec des taux plus élevés que la Tunisie (environ 2,3 et 2,5 respectivement).
La tendance peut-elle être inversée ?
Les experts s’accordent à dire que la baisse de la fécondité est un phénomène mondial lié au développement, mais sa gravité en Tunisie nécessite des politiques profondes, notamment :
- Soutenir les jeunes familles par des politiques de logement et d’emploi plus efficaces.
- Améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée pour les femmes.
- Renforcer les soins de santé génésique et les programmes de sensibilisation.
Au final, la Tunisie reste un modèle avancé en Afrique en termes de transition démographique, mais ces progrès sont porteurs de défis futurs qui nécessitent une planification stratégique à long terme.






























