Le tribunal correctionnel de Toulon, en France, a condamné un ressortissant tunisien âgé de 39 ans à une peine d’un an d’emprisonnement ferme, après l’avoir reconnu coupable d’avoir délibérément mis le feu à de la végétation dans la localité d’Olio-la-Vie, dans le département des Var.
Le tribunal a également rendu à son encontre une décision lui interdisant l’accès au territoire français pendant cinq ans, tout en le maintenant en détention jusqu’à l’exécution de sa peine.
Les faits remontent au 25 juillet, date à laquelle un incendie s’est déclaré sur le bord de la route, près d’un magasin de la chaîne « Lidl » situé dans la région.
D’après ce qui a été rapporté lors de l’audience, des agents de la brigade de lutte contre la criminalité ont interpellé l’accusé peu de temps après que le feu s’est déclaré dans les buissons.
Une altercation au sein du magasin avant le déclenchement de l’incendie
Il est ressorti des débats que l’homme était entré dans le magasin pour la deuxième fois après avoir acheté de la bière, avant qu’on ne lui demande de partir, et qu’il en était ressorti en colère.
La présidente du tribunal a rapporté les propos du gérant du magasin, selon lesquels l’accusé aurait menacé, en tunisien, de « tout brûler ».
Cependant, l’accusé a nié, tant au cours de l’enquête que devant le tribunal, avoir mis le feu intentionnellement, affirmant que l’incendie s’était déclaré par accident après que son briquet se soit « coincé » alors qu’il allumait une cigarette.
Il a déclaré devant les juges : « Je ne l’ai pas fait exprès, je n’y ai tout simplement pas prêté attention. C’est à cause de mon briquet. »
La défense a demandé qu’une expertise technique soit réalisée sur le briquet, mais cette demande n’a pas pu être satisfaite après qu’il s’est avéré que l’objet n’avait pas été conservé parmi les pièces à conviction de l’enquête.
Son avocate a également évoqué la possibilité que le briquet se soit bloqué et soit resté allumé ; toutefois, le récit de l’accusé, en particulier lorsqu’il a déclaré l’avoir rangé allumé dans son sac, n’a pas convaincu la cour.
Le parquet considère cet incident comme un acte de représailles
Le procureur de Toulon, Raphaël Ballan, a estimé que les faits n’étaient pas fortuits, mais qu’ils avaient été motivés par la vengeance et la colère suite à l’expulsion de l’accusé du magasin.
Il a déclaré au cours de la séance que le fait d’allumer un feu à un tel moment constituait « un acte délibéré et inacceptable », d’autant plus compte tenu des pertes que ces incendies ont causées à un grand nombre d’habitants.
Il a ajouté que l’accusé se trouvait dans une situation sociale et psychologique critique, et qu’il avait donné libre cours à sa colère d’une manière qui a mis en danger les biens et la sécurité publique.
La police, aidée de deux camions de pompiers, a rapidement maîtrisé l’incendie, qui a détruit environ 40 mètres carrés de végétation et endommagé un câble électrique.
Le parquet avait requis une peine d’emprisonnement de 15 mois, assortie d’une interdiction d’entrée en France pour la même durée ; toutefois, le tribunal a réduit la peine d’emprisonnement à 12 mois, tout en portant la durée de l’interdiction d’entrée à cinq ans.
Cet homme devrait être expulsé vers la Tunisie à l’issue de sa peine d’emprisonnement, conformément au jugement rendu à son encontre.
Selon des informations parues dans la presse française, il avait déjà été condamné à trois reprises dans d’autres affaires, tandis qu’une expertise psychiatrique avait conclu à l’absence de tout trouble affectant sa capacité à comprendre ses actes et à en évaluer la gravité.

































