Ce mercredi, les cours du pétrole se sont stabilisés à un niveau proche de leur plus bas niveau depuis trois mois, alors que les investisseurs évaluent les répercussions de l’accord entre les États-Unis et l’Iran et que l’Agence internationale de l’énergie met en garde contre un excédent imminent de l’offre au cours de l’année prochaine, face aux prévisions d’une hausse de la demande à court terme destinée à compenser l’épuisement des stocks.
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de deux cents pour s’établir à 78,98 dollars le baril à 08 h 18 GMT, tandis que le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a progressé de trois cents pour s’établir à 76,08 dollars le baril.
Les deux types de pétrole avaient reculé mardi d’environ 5 % pour la deuxième séance consécutive, atteignant leur plus bas niveau depuis trois mois, sous l’effet des espoirs que l’accord entre Washington et Téhéran permette la reprise des flux pétroliers via le détroit d’Ormuz.
Dans ses premières prévisions pour 2027, l’Agence internationale de l’énergie a indiqué que le marché pétrolier pourrait être confronté à un excédent d’offre important, la production mondiale devant augmenter d’environ huit millions de barils par jour, alors que la hausse de la demande ne devrait pas dépasser deux millions de barils par jour.
À court terme, l’agence a précisé que l’accord entre Téhéran et Washington pourrait ouvrir la voie à la reconstitution des stocks épuisés ou à la constitution de nouvelles réserves stratégiques.
Tamas Varga, analyste chez « BVM Oil », a déclaré : « La situation actuelle est telle que le détroit d’Ormuz va rouvrir et que les navires recommenceront à emprunter ce passage stratégique dans les deux sens… La reprise progressive des flux pétroliers, même si elle s’avère lente, aura un impact significatif sur l’équilibre du marché pétrolier ».
Les détails de l’accord provisoire entre les États-Unis et l’Iran ont commencé à se préciser hier, mardi, un responsable américain ayant déclaré que cet accord permettrait à l’Iran de vendre du pétrole après sa signature.
Le protocole d’accord, dont les détails n’ont pas encore été rendus publics, prolonge de 60 jours supplémentaires le cessez-le-feu fragile annoncé en avril, afin de permettre aux deux parties de négocier un arrêt définitif de la guerre.
Malgré cela, des responsables du secteur de l’énergie ont estimé que le retour complet aux niveaux de production et de raffinage d’avant-guerre prendrait des semaines, voire des mois, voire des années.
L’incertitude s’est accrue après qu’Israël s’est désolidarisé du cessez-le-feu annoncé en avril, ainsi que de l’accord plus récent conclu entre les États-Unis et l’Iran, ce qui a soulevé des interrogations quant à la pérennité de cette nouvelle accalmie.
Au Liban, l’Agence nationale d’information a indiqué que des frappes aériennes israéliennes menées à l’aide de drones avaient visé, hier mardi, trois véhicules dans le sud du pays, faisant au moins quatre morts et plusieurs blessés.
Le président américain Donald Trump a également formulé une critique publique, ce qui est rare, à l’égard des méthodes militaires israéliennes au Liban.
La banque « Goldman Sachs » a déclaré que l’accord américano-iranien avait atténué les risques de hausse des prix de l’énergie, ce qui l’a amenée à revoir à la baisse ses prévisions concernant le prix du Brent, le ramenant à 80 dollars le baril au dernier trimestre de 2026, contre 90 dollars dans ses prévisions précédentes.
En Chine, des données ont montré que la consommation de pétrole brut avait reculé de 9,1 % en mai par rapport à la même période de l’année précédente, atteignant son plus bas niveau depuis près de quatre ans, ce qui indique que les raffineries ont puisé dans leurs stocks pendant la période de guerre.
Aux États-Unis, selon des sources citant un rapport de l’Institut américain du pétrole, les stocks de pétrole brut ont reculé de 8,3 millions de barils au cours de la semaine qui s’est terminée le 12 juin, une baisse supérieure aux prévisions qui tablaient sur un recul de 4,6 millions de barils.
Les chiffres officiels de l’Agence américaine d’information sur l’énergie devraient être publiés ce mercredi à 14 h 30 GMT.





























