Les protestations des avocats en Tunisie se sont intensifiées aujourd’hui, mardi 19 mai 2026, après qu’un certain nombre de robes noires se soient rassemblées devant le Palais de Justice de la capitale, dans le cadre de l’action lancée par le Doyen des Avocats et l’Association Nationale des Avocats.
Les participants ont brandi des slogans dénonçant ce qu’ils ont décrit comme un « déni de justice » et une « atteinte aux droits de la défense » et ont appelé à la démission de la ministre de la justice, Leila Jaffal, dans un geste qui reflète le fossé grandissant entre les avocats et le pouvoir judiciaire.
Les manifestants portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Pas de procès équitable sans défense libre », « Pas de restriction des droits de la défense », et « Pas d’ignorance des exigences de la profession d’avocat », exprimant leur rejet de ce qu’ils considèrent comme une régression des garanties professionnelles et juridiques.
L’un des moments forts du rassemblement a été le discours du général de brigade Boubacar Balthabet, qui s’est adressé aux avocats protestataires, soulignant le soutien de l’autorité à leur action et dénonçant la situation actuelle au sein de l’institution judiciaire.
Cette décision intervient dans un contexte de tension croissante entre les avocats et le ministère de la justice, à la suite de plusieurs jours de manifestations qui ont vu le port de l’insigne rouge dans un certain nombre de tribunaux, pour protester contre ce que l’organisme considère comme une détérioration des conditions de travail dans les tribunaux et l’absence de réponse aux demandes du secteur.
Bien que le ministère de la justice ait assuré que ces actions n’affecteraient pas le fonctionnement normal du système judiciaire, le rassemblement de mardi devant le palais de justice de Tunis a montré que la protestation est passée à un niveau plus intense, en particulier avec la demande de démission du ministre.
L’association des avocats affirme que son action vise à défendre l’indépendance de la profession, à garantir le droit de la défense et à améliorer les conditions de travail au sein des tribunaux, tandis que l’escalade reste ouverte dans l’attente d’une réponse officielle aux demandes des avocats.

































