Le marché immobilier tunisien continue d’enregistrer de nouveaux records, alors que les pressions de l’offre et de la demande persistent, en particulier dans les grandes villes et les zones densément peuplées.
Selon les données fournies par la plateforme immobilière Moboueb, les prix des logements en Tunisie en 2025 ont augmenté de 7% par rapport à 2024, tandis que les prix des locations ont augmenté de 7,5%. Ces chiffres reflètent la persistance de la crise du logement et la difficulté croissante d’accès à la propriété pour une grande partie des ménages.
Le directeur de la plateforme, Anis Gharbi, a déclaré à la Radio nationale que cette hausse s’inscrit dans un contexte de déséquilibre évident entre l’offre et la demande. La demande croissante de logements dans les centres urbains, associée à la rareté des terrains constructibles, est l’un des principaux facteurs qui poussent les prix à la hausse.
Les prélèvements liés au logement jouent également un rôle dans l’augmentation du coût de l’immobilier, tout comme les taux d’intérêt bancaires élevés et l’inflation, facteurs qui rendent l’investissement immobilier plus onéreux tant pour les promoteurs que pour les acheteurs.
Sur le marché locatif, l’augmentation reflète les mêmes pressions, la demande restant élevée dans les zones les plus attractives, tandis que l’offre reste insuffisante pour répondre aux besoins des familles, des étudiants et des salariés à la recherche d’un logement proche de leur lieu de travail et des services.
En ce qui concerne les mécanismes visant à faciliter l’accès au logement, tels que la formule de location-vente, le fonctionnaire estime que ce mécanisme peut représenter une solution importante pour une partie des familles, mais son impact reste limité car il est surtout réservé aux constructeurs publics, dont les capacités de production ne leur permettent pas d’influencer efficacement l’équilibre du marché.
Les évolutions récentes révèlent également un changement dans le comportement des acheteurs. Les ménages ajustent leurs choix immobiliers en fonction de leurs moyens financiers, plutôt que de leurs désirs initiaux liés à la taille de la maison, au nombre de pièces ou à la nature de la division interne.
En conséquence, un certain nombre d’acheteurs optent pour des appartements plus petits, la demande continuant à se concentrer dans les mêmes zones urbaines, ce qui exerce une pression sur les quartiers surpeuplés et pousse les prix à la hausse.
Dans ce contexte, la planification urbaine est un élément clé pour résoudre la crise du logement. Le développement de nouveaux quartiers dotés des infrastructures et des services nécessaires peut contribuer à alléger la pression sur les zones saturées et permettre une répartition plus équilibrée de la demande immobilière à moyen terme.
Ces indicateurs confirment que la crise du logement en Tunisie n’est plus seulement liée aux prix, mais inclut également la disponibilité des terrains, le coût du financement, le niveau de l’offre et la qualité de l’urbanisation. Il est donc urgent de trouver des solutions plus larges qui combinent le soutien à l’offre, le développement de nouvelles zones urbaines et la mise en place de formules de financement plus favorables pour les ménages.






























