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Zenith Energy a confié à Mike Pompeo le dossier de son arbitrage contre la Tunisie, portant sur un montant de 573 millions de dollars

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Mike Pompeo, ancien secrétaire d'État américain, lors d'un événement diplomatique

La société pétrolière « Zenith Energy » a annoncé mardi 27 octobre 2026 avoir fait appel à Mike Pompeo, ancien secrétaire d’État américain et ancien directeur de la CIA, pour la soutenir dans son litige arbitral avec la Tunisie, dans le cadre duquel le groupe réclame environ 573 millions de dollars.

Cette nomination revêt une importance particulière dans la mesure où M. Pompeo a lui-même participé au dialogue diplomatique entre Washington et la Tunisie, notamment pendant la période qui a suivi l’élection de Kais Saïd.

Une mission stratégique dans un litige de 573 millions de dollars

Zenith a confié à Pompeo et à son cabinet « CNQ Global Advisors » une mission de conseil stratégique liée au litige porté devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Les conditions financières de cette mission n’ont pas été rendues publiques.

Le communiqué de la société précise que la mission consiste à soutenir les filiales du groupe britannique dans le cadre de la procédure et à étudier la possibilité de parvenir à un règlement à l’amiable. Dans ce contexte, M. Pompeo décrit les revendications de ces filiales comme reposant sur une base juridique solide, une appréciation qui émane toutefois d’un consultant travaillant aux côtés de la société.

La relation entre M. Pompeo et Zenith ne date pas d’hier : depuis le 14 octobre, il préside « Reveille Resources », société spécialisée dans la prospection d’uranium, dont Zenith est le principal actionnaire.

Les étapes diplomatiques dans le dossier tunisien

Le parcours diplomatique de Pompeo confère à cette nomination une résonance particulière. Le 16 juillet 2019, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères de Donald Trump, il a coprésidé à Washington la troisième session du dialogue stratégique tuniso-américain, aux côtés de Khamis Jihnaoui, ministre tunisien des Affaires étrangères.

Leurs discussions ont porté sur la coopération économique et sécuritaire, ainsi que sur la situation en Libye. Le 29 juillet de la même année, Mike Pompeo a réaffirmé à Khamis Jihnaoui le soutien américain à la Tunisie au lendemain du décès du président Beji Caïd Essebsi.

Le 15 octobre 2019, après les élections présidentielles, il a félicité publiquement les Tunisiens et a déclaré que les États-Unis se réjouissaient de travailler avec le président élu Kais Saïd. Ces prises de position témoignent de sa bonne connaissance des dossiers tunisiens, sans pour autant prouver l’existence d’une relation personnelle entre lui et l’actuel chef de l’État.

Une procédure en cours et un jugement attendu en 2027

Les procédures ont été engagées en 2023 sur la base de l’accord d’investissement conclu entre la Tunisie et la Grande-Bretagne en 1989 ; elles concernent des investissements dans le secteur pétrolier, notamment les concessions de Robana et de Beeban.

Zenith estime le montant de ses demandes à environ 572,65 millions de dollars, un chiffre qui ne constitue pas pour autant un verdict de condamnation à l’encontre de la Tunisie. Les audiences se sont tenues à Paris du 20 au 24 avril 2026, les mémoires post-audience étant prévus jusqu’au 30 septembre.

La société prévoit que le jugement sera rendu au premier trimestre de l’année 2027. Dans une affaire distincte concernant Sidi Kailani, une demande d’environ 130 millions de dollars a été rejetée en juillet 2025.

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