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Paris soutient la Tunisie dans ses efforts visant à modifier l’accord de partenariat avec Bruxelles

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Mohamed Ali Al-Nafti, ministre des Affaires étrangères, de l'Immigration et des Tunisiens de l'étranger

La France a exprimé son soutien aux efforts déployés par la Tunisie en vue de réviser l’accord de partenariat avec l’Union européenne, ouvrant ainsi la voie à un partenariat plus équilibré et plus équitable, adapté aux nouvelles réalités économiques.

Cette position a été exprimée lors d’un entretien téléphonique qui s’est tenu mercredi entre le ministre des Affaires étrangères, de l’Immigration et des Tunisiens de l’étranger, Mohamed Ali Nefti, et son homologue français, Jean-Noël Barrot, selon un communiqué publié par le ministère.

Les deux parties ont évoqué les relations de coopération existantes entre les deux pays et les perspectives de leur développement, ainsi que les prochains rendez-vous bilatéraux et multilatéraux, Ils ont souligné l’importance de poursuivre les efforts visant à consolider la coopération tuniso-française dans divers domaines, sur la base du respect mutuel et des intérêts communs.

Ils ont également insisté sur la nécessité de bien préparer les rendez-vous à venir, en tenant compte de la souveraineté de la Tunisie, des choix de ses institutions nationales et des intérêts mutuels des deux parties.

La révision de l’accord… une demande tunisienne récurrente

Ce soutien français intervient alors que la Tunisie continue de réclamer la révision de l’accord de partenariat signé le 17 mai 1995 et entré en vigueur en 1998, afin de l’adapter aux mutations économiques et géopolitiques et de rééquilibrer les relations commerciales et économiques entre les deux parties.

Le président de la République, Kais Saïd, avait réitéré cette demande fin août dernier, lors de sa rencontre au palais de Carthage avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann David Vadivol, où il avait plaidé en faveur d’une révision d’un certain nombre d’accords, dont celui qui lie la Tunisie à l’Union européenne, afin de les rendre « plus équilibrés et plus équitables », selon un communiqué de la présidence de la République.

Le chef de l’État a soulevé la même question lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français Emmanuel Macron le 20 mars dernier, soulignant la nécessité de revoir les dispositions de l’accord de partenariat afin qu’elles répondent davantage aux exigences d’équité et d’équilibre.

De son côté, M. Nefti a insisté sur cette demande lors de sa rencontre en septembre à New York avec la commissaire européenne chargée des affaires méditerranéennes, Dubravka Šuica, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, appelant à rendre l’accord plus réaliste et plus équitable, tout en tenant compte des intérêts et des priorités des deux parties et en respectant la souveraineté de la Tunisie et de ses institutions nationales.

La rencontre a porté sur les échanges commerciaux, la coopération financière, les programmes scientifiques communs ainsi que les questions d’immigration et de mobilité, le ministre ayant souligné la nécessité d’adopter une approche globale et équilibrée de l’immigration, fondée sur le respect des droits de l’homme, la prise en compte des causes profondes de l’immigration irrégulière et la lutte contre les réseaux de trafic et de traite des êtres humains.

Les priorités de la Tunisie dans la version révisée

M. Al-Nafti avait indiqué, lors de sa participation début mai dernier à la célébration de la Journée de l’Europe à Tunis, que l’accord de partenariat conclu il y a plus de trois décennies ne répondait plus aux profondes mutations de l’économie mondiale ni aux répercussions des conflits en Europe et au Moyen-Orient.

Dans son discours, il a appelé à faire évoluer cet accord vers un partenariat plus équilibré et plus équitable, respectant les priorités nationales et les choix souverains des deux parties.

Parmi les priorités tunisiennes figurent en tête de liste la facilitation de l’accès des produits nationaux au marché européen, la promotion des investissements à forte valeur ajoutée et l’accompagnement des transitions énergétique et numérique. La Tunisie demande également le renforcement de la coopération financière et scientifique, ainsi qu’une meilleure valorisation de ses compétences et de ses ressources humaines, afin de renforcer la contribution du partenariat au développement économique, au transfert de technologies et à l’innovation.

Bruxelles affirme son ouverture au dialogue

De leur côté, les institutions européennes, par l’intermédiaire de leurs représentants en Tunisie, ont manifesté leur ouverture au dialogue concernant une éventuelle révision des règles commerciales prévues dans l’accord de partenariat, dans le cadre de discussions constructives et globales entre les deux parties.

Dans ce contexte, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Giuseppe Peroni, a annoncé que l’Union était prête à continuer de soutenir la Tunisie et à renforcer le partenariat bilatéral, soulignant l’ouverture de la partie européenne aux propositions visant à moderniser l’accord et à développer la coopération, selon des déclarations rapportées par les médias tunisiens.

Mercredi, l’Union européenne a réaffirmé, sur ses pages de réseaux sociaux, son engagement à poursuivre son partenariat avec la Tunisie et à renforcer la coopération bilatérale, à travers des initiatives qui répondent aux défis communs et soutiennent le développement, l’investissement et la coopération économique, soulignant que ce partenariat ne se limite pas aux accords et aux projets, mais englobe également un dialogue permanent, les échanges entre les peuples et le renforcement des liens entre les Tunisiens et les Européens.

La délégation de l’Union européenne en Tunisie avait annoncé en octobre dernier la conclusion d’un nouvel accord financier d’un montant de 80 millions d’euros au profit du budget de l’État tunisien, dans le cadre d’un programme de soutien à l’inclusion sociale. Par ailleurs, à travers sa campagne de communication « EU with YOU » (L’Union européenne avec vous), l’Union européenne réaffirme son engagement à poursuivre son partenariat avec la Tunisie et à renforcer la coopération dans les domaines du développement, de l’investissement, de l’énergie, des échanges commerciaux, de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique.

Les relations entre la Tunisie et l’Europe remontent à 1969, date de la signature du premier accord commercial avec la Communauté économique européenne, avant l’ouverture de la délégation de la Commission européenne à Tunis en 1979. La signature de l’accord de partenariat, le 17 mai 1995, a constitué une étape majeure dans ce processus, faisant de la Tunisie le premier pays de la rive sud de la Méditerranée à conclure un accord de ce type avec l’Union.

Le 16 juillet 2023, les deux parties ont signé un protocole d’accord sur un «partenariat stratégique et global», visant à élargir les domaines de coopération pour inclure l’économie, le commerce, l’énergie, l’immigration, la mobilité, la stabilité macroéconomique et les échanges entre les peuples.

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