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La décision de Trump de mettre fin au programme AGOA menace 10 000 emplois en Afrique du Sud

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Des producteurs d'agrumes d'Afrique du Sud trient des fruits destinés à l'exportation vers le marché américain

L’administration du président américain Donald Trump prévoit de mettre fin à l’éligibilité de l’Afrique du Sud au titre de la loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA) à compter du 1er janvier 2027, une mesure qui pourrait mettre en péril entre 3 000 et 10 000 emplois en Afrique du Sud, les secteurs les plus touchés étant l’agriculture, l’industrie manufacturière et les exportations d’agrumes vers le marché américain.

Les producteurs d’agrumes affirment que les vergers créés pour répondre à la demande américaine ne peuvent pas être rapidement réorientés vers d’autres marchés, dont les règles d’importation et les préférences des consommateurs diffèrent. Selon les estimations des représentants syndicaux, les pertes d’emplois pourraient se situer entre 3 000 et 10 000, les travailleurs de la province du Cap-Occidental, notamment les communautés dépendantes de la transformation des fruits et de la culture destinée à l’exportation, étant les plus touchés.

Nouveaux droits de douane sur les agrumes

À l’expiration des exemptions, les agrumes sud-africains seront soumis aux droits de douane américains habituels, compris entre 1,5 et 2,5 cents américains par kilogramme, selon le type de fruit et la période d’expédition. Les mandarines, les citrons et les pamplemousses continueront par ailleurs d’être soumis à des droits supplémentaires de 12,5 % en vertu de l’article 301, ce qui signifie que le droit standard et le droit supplémentaire pourraient être appliqués conjointement à ces produits. Quant aux oranges, elles sont exonérées du droit supplémentaire, mais elles perdront l’exonération douanière prévue par l’AGOA et seront soumises au droit américain standard.

Cela pourrait placer les agriculteurs sud-africains dans une position moins compétitive face à des producteurs tels que le Chili et le Pérou, qui bénéficient d’accords commerciaux avec les États-Unis et de voies d’acheminement plus courtes.

Un marché difficile à remplacer

L’Association des producteurs d’agrumes d’Afrique du Sud a déclaré que le marché américain ne pouvait pas être facilement remplacé, car les vergers ont été plantés spécifiquement pour répondre à la demande américaine, tandis que les marchés alternatifs imposent des exigences différentes en matière de santé des végétaux, de préférences des consommateurs et de besoins saisonniers. Les agrumes sud-africains arrivent aux États-Unis en dehors de la saison de production locale, complétant ainsi la production américaine plutôt que de la remplacer directement, selon l’argument des agriculteurs, qui affirment que ces importations contribuent à garantir la disponibilité des fruits tout au long de l’année et soutiennent les activités américaines dans les domaines du transport, de la manutention, de la distribution et de la vente au détail.

Les producteurs d’agrumes ont qualifié cette décision de coup dur pour les producteurs des deux rives de l’Atlantique. L’association a déclaré : « Des milliers de personnes aux États-Unis travaillent dans l’importation, la manutention, la distribution et la vente au détail grâce aux agrumes sud-africains », avertissant que la chaîne de valeur des deux côtés de l’Atlantique est désormais menacée.

L’AGOA dans la balance commerciale

L’Afrique du Sud a été le principal bénéficiaire de l’AGOA en 2025, exportant pour environ 1,7 milliard de dollars de marchandises vers les États-Unis dans le cadre de ce programme. Ses principales exportations préférentielles comprenaient les automobiles et leurs composants, les agrumes, le vin et d’autres produits agricoles. Les exportations AGOA ne représentent qu’environ 1 % du total des exportations sud-africaines vers le monde, mais cette décision aura un impact particulièrement important sur les industries et les communautés qui ont bâti leur activité autour du marché américain.

Certaines industries étaient déjà sous pression avant la décision concernant l’AGOA ; en effet, les voitures particulières sud-africaines, certaines pièces automobiles, ainsi que l’acier et l’aluminium, sont soumis à des droits de douane américains de 25 % dans le cadre de mesures commerciales distinctes. Les recettes des exportations de voitures sud-africaines vers les États-Unis ont chuté à environ 8 milliards de rands en 2025, contre 17,7 milliards de rands l’année précédente, selon les chiffres cités par le secteur commercial du pays.

Les raisons invoquées par Washington et la réponse de Pretoria

Washington a déclaré que l’Afrique du Sud ne remplissait pas les conditions d’éligibilité prévues par l’AGOA en raison d’obstacles affectant le commerce et les investissements américains, de la corruption et d’un comportement jugé contraire aux intérêts américains en matière de sécurité nationale et de politique étrangère. Le Bureau du représentant américain au commerce n’a pas fourni de liste détaillée des mesures que l’Afrique du Sud doit modifier pour conserver son éligibilité, alors que les plaintes américaines antérieures portaient notamment sur les restrictions sud-africaines concernant la volaille et la viande de porc américaines, les droits de douane sur le vin et les spiritueux, ainsi que les accords commerciaux préférentiels conclus par Pretoria avec l’Union européenne.

Le gouvernement sud-africain affirme qu’il poursuivra les discussions avec Washington, tout en soutenant les exportateurs les plus exposés aux risques et en accélérant la recherche de nouveaux marchés. Cependant, cette diversification pourrait ne pas intervenir assez rapidement pour les agriculteurs et les industries dont les produits, les infrastructures et les relations commerciales ont été spécifiquement conçus en fonction des acheteurs américains.

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