La Banque mondiale a publié son nouveau classement des économies mondiales en fonction des niveaux de revenu pour l’exercice 2027, qui s’étend du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027, et la Tunisie continue ainsi de figurer dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire inférieur.
Ce classement repose sur la part du revenu national brut par habitant ; il s’agit de l’un des principaux indicateurs internationaux utilisés pour suivre l’évolution des niveaux de revenu et comparer les trajectoires économiques des pays à travers le monde.
Comment la Banque mondiale classe-t-elle les économies mondiales ?
Chaque année, la Banque mondiale classe les économies nationales en quatre grandes catégories, en fonction du niveau du revenu national brut par habitant :
- Pays à faible revenu : 1 175 dollars ou moins.
- Pays à revenu intermédiaire inférieur : entre 1 176 et 4 635 dollars.
- Pays à revenu intermédiaire supérieur : entre 4 636 et 14 375 dollars.
- Pays à revenu élevé : plus de 14 375 dollars.
Ces seuils ont été fixés en fonction du revenu national brut par habitant, calculé selon la méthode « Atlas » adoptée par la Banque mondiale, sur la base des données économiques enregistrées au cours de l’année 2025.
Ce classement est mis à jour chaque année afin de tenir compte de l’évolution du revenu national et de la croissance économique, ainsi que de la révision des données statistiques et des fluctuations des taux de change.
Pourquoi la classification des revenus revêt-elle une telle importance ?
Le classement de la Banque mondiale ne se limite pas à un simple classement statistique des pays ; il constitue un outil de référence sur lequel s’appuient les institutions internationales, les chercheurs et les gouvernements pour comparer les performances des économies et étudier leur évolution à long terme.
La position d’un pays au sein d’une catégorie de revenus donnée peut avoir une incidence sur la mesure dans laquelle il bénéficie de certains programmes de financement du développement et d’aide internationale, car plusieurs mécanismes de financement dépendent du niveau de revenu de l’économie concernée.
La Banque mondiale souligne toutefois que ce classement repose sur un seul indicateur, à savoir le revenu national brut par habitant, et qu’il ne saurait donc être considéré comme une évaluation exhaustive du niveau de développement.
En effet, cet indicateur ne reflète pas directement l’ampleur des inégalités sociales, la qualité des services publics, le niveau d’éducation ou les conditions de vie au sein de chaque pays.
La Tunisie continue de figurer dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire inférieur
La nouvelle classification maintient la Tunisie dans la catégorie des économies à revenu intermédiaire inférieur, ce qui signifie que le revenu national brut par habitant du pays se situe entre 1 176 et 4 635 dollars, selon les seuils adoptés pour l’exercice budgétaire 2027.
Ainsi, la Tunisie n’a pas réussi à passer dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire supérieur, mais elle n’est pas non plus retombée dans le groupe des pays à faible revenu.
Ce classement place l’économie tunisienne aux côtés d’un certain nombre d’économies africaines et internationales qui ont dépassé le stade du faible revenu, mais qui n’ont pas encore atteint le niveau des pays à revenu intermédiaire supérieur.
Le fait que la Tunisie reste dans la même catégorie témoigne d’une certaine stabilité de sa position sur la carte mondiale des revenus, sans qu’elle n’ait enregistré de progrès suffisants pour lui permettre de passer dans la catégorie supérieure.
Six pays passent dans des tranches de revenus supérieures
Le nouveau classement de la Banque mondiale a mis en évidence une amélioration dans six économies qui ont réussi à passer dans une catégorie de revenu supérieure, tandis qu’aucun des pays figurant sur la liste n’a été rétrogradé dans une catégorie inférieure dans cette édition.
L’un des changements les plus marquants est le passage du Togo du groupe des pays à faible revenu à celui des pays à revenu intermédiaire inférieur.
La Banque mondiale a précisé que cette évolution était liée, entre autres facteurs, à la révision des données démographiques à la suite du recensement de 2022, ce qui a entraîné, d’un point de vue comptable, une hausse du revenu par habitant.
La liste des pays ayant franchi de nouvelles étapes dans le classement comprenait notamment la Jordanie, le Vietnam, les Philippines, le Sri Lanka et la Micronésie.
La répartition mondiale des revenus évolue depuis des décennies
Les données de la Banque mondiale indiquent qu’un changement manifeste s’est opéré dans la répartition des économies mondiales en fonction des revenus au cours des dernières décennies.
En effet, depuis 1987, la proportion des économies classées parmi les pays à faible revenu est passée de 30 % à seulement 11 % à l’échelle mondiale.
Malgré ces progrès globaux, les trajectoires économiques restent inégales d’un pays à l’autre et d’une région à l’autre : certains pays ont réussi à passer à des catégories supérieures à un rythme plus rapide, tandis que d’autres économies sont restées bloquées pendant des années dans la même catégorie.
Quant à la Tunisie, le fait qu’elle continue de figurer dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire inférieur confirme qu’elle a dépassé le niveau des économies les plus pauvres, mais elle doit encore accroître sa productivité, accélérer sa croissance et améliorer les niveaux de revenus afin de pouvoir se rapprocher du groupe des pays à revenu intermédiaire supérieur.






























