Les cours du pétrole ont bondi d’environ 3 % lundi, sous l’effet de l’escalade du conflit militaire entre les États-Unis et l’Iran et des craintes croissantes concernant l’approvisionnement transitant par le détroit d’Ormuz.
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 2,77 dollars, soit 3,14 %, pour atteindre 90,87 dollars le baril, leur plus haut niveau depuis le 11 juin.
Cette hausse s’inscrit dans la continuité des gains importants enregistrés par le pétrole brut la semaine dernière, qui ont atteint 15,9 %, soit la plus forte progression hebdomadaire depuis avril.
Le brut américain « West Texas Intermediate » a quant à lui progressé d’environ 2,35 dollars, soit 2,85 %, pour atteindre 84,84 dollars le baril, son plus haut niveau depuis le 12 juin.
Le pétrole brut américain a enregistré une hausse hebdomadaire de 15,5 %, soit sa meilleure performance hebdomadaire depuis début mars.
Craintes d’une perturbation des approvisionnements via le détroit d’Ormuz
Les pressions sur les marchés se sont accrues à mesure que les opérations militaires s’étendaient dans la région, ce qui a suscité des craintes quant à une interruption des exportations de pétrole et de gaz via le détroit d’Ormuz, l’un des principaux couloirs maritimes énergétiques au monde.
Les investisseurs surveillent de près toute évolution susceptible d’affecter la circulation des pétroliers ou les installations de production et d’exportation, notamment dans un contexte marqué par la poursuite des frappes réciproques et la montée des menaces dans le Golfe.
Toute perturbation prolongée dans le détroit implique un risque de baisse des approvisionnements disponibles sur le marché mondial, ce qui explique la hausse accélérée des prix ces derniers jours.
Neuvième nuit de frappes américaines
Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé avoir mené une neuvième vague consécutive de frappes contre l’Iran, visant notamment des postes de commandement militaire, des installations de défense aérienne et des postes d’observation côtiers.
Ces opérations ont également visé des installations maritimes, des sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que des réseaux de communication.
« Centcom » a déclaré que l’objectif de ces frappes était d’affaiblir la capacité de l’Iran à attaquer les navires marchands et les marins civils transitant par le détroit d’Ormuz.
Des frappes dans plusieurs villes iraniennes
Selon les médias iraniens, des détonations ont été entendues dans plusieurs villes, notamment Tabriz, Chabahar, Kanark, Bandar-e Mahshahr et Bandar-e Imam Khomeini.
Des informations ont également fait état de frappes visant des sites de la ville côtière de Bushehr, où se trouve la seule centrale nucléaire civile d’Iran.
On ne disposait pas immédiatement d’informations précises concernant l’ampleur des pertes humaines ou matérielles causées par ces frappes.
Réactions iraniennes et extension du conflit
En revanche, les Gardiens de la Révolution islamique iraniens ont annoncé avoir pris pour cible des sites militaires américains au Koweït et avoir tiré des missiles balistiques en direction d’avions américains à l’aéroport d’Aqaba, en Jordanie.
Les sirènes d’alerte ont également retenti à Bahreïn, tandis que Téhéran a annoncé avoir mené une frappe contre un centre d’opérations spéciales dans la région de Al-Tanf, en Syrie.
L’ampleur croissante des attaques renforce les craintes de voir le conflit s’étendre à d’autres pays de la région, ce qui pourrait entraîner une hausse des coûts d’assurance et de transport et accroître la volatilité des marchés de l’énergie.

































