Le Salon national du livre tunisien poursuit les activités de sa cinquième édition pour le cinquième jour consécutif, alors que les avis divergent entre les visiteurs, les exposants et les responsables des stands quant à l’affluence : certains misent sur une amélioration progressive, tandis que d’autres s’interrogent sur la stratégie de promotion et l’impact de la conjoncture économique sur l’achat de livres.
Le salon permet à ses visiteurs de découvrir les dernières parutions des maisons d’édition tunisiennes dans des domaines variés, allant des ouvrages universitaires spécialisés aux romans, en passant par les récits historiques et les livres pour enfants, avec des réductions à partir de 20 % sur l’ensemble des publications.
Des réductions qui attirent les étudiantes en droit
Ces prix réduits ont convaincu Maram Al-Jamaï et Wijdan Ben Hamida, deux étudiantes en droit venues chercher des ouvrages spécialisés pour soutenir leur parcours universitaire, ont affirmé avoir trouvé ce dont elles avaient besoin grâce à ces réductions, soulignant que l’offre comprenait des publications récentes, dont des ouvrages parus en 2024, et ne se limitait pas à des titres anciens. Elles ont précisé que la diversité de l’offre et ses prix abordables permettent au visiteur de choisir en fonction de ses besoins et de ses moyens financiers.
Une organisation soignée et une affluence inférieure aux attentes
De leur côté, plusieurs éditeurs ont salué la bonne organisation du salon, notamment l’aménagement de l’espace, l’éclairage et le nettoyage quotidien des lieux. Ils ont toutefois unanimement constaté que la fréquentation et le volume des ventes restaient en deçà des attentes, plaçant leurs espoirs dans une affluence plus importante pendant le week-end.
Certains professionnels ont critiqué la faiblesse des campagnes de promotion et de publicité, estimant que la communication autour de l’événement aurait dû démarrer suffisamment tôt avant son ouverture, avec une présence plus importante dans les médias audiovisuels et sur les panneaux d’affichage dans les villes afin de toucher un public plus large. À l’inverse, d’autres responsables des stands ont souligné l’importance d’investir dans les réseaux sociaux les plus utilisés par les jeunes, notamment Instagram et TikTok, afin de faire connaître le salon et son programme auprès de cette tranche d’âge.
Appels à intensifier la promotion
D’autres exposants établissent un lien direct entre la fréquentation et la situation économique ainsi que le pouvoir d’achat des citoyens, expliquant que la hausse des prix des produits de première nécessité et du coût de la vie pousse de nombreuses familles à reporter l’achat de livres au profit de besoins plus urgents, ce qui constitue, selon leurs estimations, un véritable défi pour la relance du marché du livre et l’élargissement du lectorat, malgré les offres promotionnelles et la diversité des titres.
Un éditeur a exprimé son espoir de voir l’événement retrouver le dynamisme qui avait caractérisé sa première édition en 2018, rappelant le grand succès qu’elle avait connu et qui avait encouragé les professionnels à s’investir pleinement dans cette initiative.
Une amélioration relative et des visites scolaires
Quant à l’affluence dans les allées du salon, une représentante d’une maison d’édition a constaté une amélioration par rapport aux jours précédents, et a souligné la hausse du nombre de visiteurs mardi, grâce à des ateliers ludiques pour les enfants et à des visites d’élèves de l’Institut technique de Beni Khallad, dans le gouvernorat de Nabeul, ainsi que de l’Institut de Minihla el-Oulia. Ces initiatives redonnent espoir quant à une affluence soutenue jusqu’à la clôture de l’événement.
La cinquième édition du salon devrait s’achever le 1er novembre, alors que les témoignages des éditeurs et des exposants mettent en évidence la multiplicité des facteurs influant sur le rapport du public au livre, allant de la diversité de l’offre et des prix au pouvoir d’achat, en passant par l’efficacité des outils de promotion.

































