La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière du tribunal de première instance de Tunis a condamné lundi l’homme d’affaires et producteur audiovisuel Sami Fihri à cinq ans de prison et à une amende, dans une affaire liée à des irrégularités dans des contrats publicitaires associés à la société de production Cactus Broad.
Ce jugement intervient dans le cadre d’un dossier judiciaire long et complexe lié à la gestion des contrats publicitaires entre la société de production et un certain nombre d’institutions publiques, principalement la Société tunisienne de télévision, sur fond d’accusations de corruption financière et d’utilisation illégale de fonds publics.
Un vieux dossier datant d’avant 2011
Les racines de cette affaire remontent à la période précédant la révolution de 2011, lorsque Sami Fihri, en tant que fondateur de Cactus Broad, a été accusé d’avoir bénéficié de contrats publicitaires controversés avec la Société tunisienne de télévision, dans un contexte marqué par des soupçons de trafic d’influence et de favoritisme.
Selon un certain nombre d’enquêtes et de décisions judiciaires antérieures, l’entreprise a généré d’importants revenus financiers dans un contexte caractérisé par des relations privilégiées avec les médias publics à ce stade, ce qui a ouvert la porte à des poursuites judiciaires approfondies qui ont duré des années.
Une nouvelle condamnation dans le cadre d’une longue procédure judiciaire
Le nouveau jugement prononcé à l’encontre de Sami Fihri s’inscrit dans le cadre d’une longue procédure judiciaire qui a connu plusieurs rebondissements entre condamnations antérieures, réductions de peine et appels successifs, dans ce qu’il est convenu d’appeler le dossier « Cactus Broad ».
Au moment de ce jugement, Fihri était en liberté, mais la récente décision le replace au premier plan d’un des dossiers judiciaires les plus controversés de la scène médiatique et judiciaire tunisienne, compte tenu de la nature de l’affaire, de ses ramifications et de son lien avec une période sensible de l’histoire du pays.
Ce jugement reflète la poursuite du suivi judiciaire des affaires de corruption financière liées à des contrats et pratiques antérieurs à la révolution, dans le cadre d’un long processus de responsabilisation et d’examen des actions qui ont entaché un certain nombre d’institutions et de relations contractuelles au cours de cette période.

































